Mon parcours

  • Née en juin 1936 de mère tournaisienne et de père gantois, j’ai grandi à Gand (Belgique) comme bilingue, le français à la maison et le flamand à l’école, le français chez parrain et marraine, le flamand chez pépé et mémé, et les vacances se prennaient soit en Ardennes soit à la mer. En plus j’avais un prénom français et un prénom flamand, tout cela sur un arrière-fond de deux communautés et de deux cultures.  (lire j’ai connu la guerre)
  • (lire quelques moments familiaux)
  • Je suivrai les humanités gréco-latine, puis, poussée par le goût du mouvement, l’Institut supérieur d’éducation physique et de kinésithérapie néerlandophone (le Parnas) à Bruxelles. J’obtiens en 1958 une licence en éducation physique (KUL) ainsi qu’un diplôme de kinésithérapeute et serai invitée à enseigner au Parnas pendant 13 ans.
  • Mais une grave fracture bimalléolaire de ma cheville droite risque de compromettre cet avenir prometteur. (lire éducation physique et 1958)

Parallèlement au parcours familial et scolaire le Guidisme me marquera profondément pendant 24 ans et éveillera en moi la joie de vivre ainsi que le sens du service et de l ’engagement. (lire le guidisme)… 
Après cet engagement au sein du mouvement de jeunesse je pourrai davantage me consacrer à mes étudiantes, à ma profession et à la quête qui me poursuit déjà un certain temps:  

Qu’est-ce qu’éduquer la personne dans sa réalité corporelle ? 

Pouvoir donner cours à de futurs ‘prof. de gym’ et kinésistes est une aubaine. Mais très vite l’éducation physique de ce temps- là, la gymnastique dynamique suédoise, me pose questions : «Qu’est-ce qu’ éduquer la personne dans sa réalité corporelle?» Un cours d’été à l’université de Cologne me fait découvrir le mouvement naturel. Je suis séduite. S’en suit une recherche inlassable d’approches orientées vers le mouvement libre, la prise de conscience corporelle, et le respect de l’unicité de la personne. Les cours à Paris chez Laura Sheleen me feront découvrir l’importance de la ‘présence’ et du rapport ‘corps-espace-temps’, enrichi plus tard des cours basés sur la méthode Rudolf von Laban.
Enfin, avec plusieurs collègues nous nous rendrons régulièrement en Allemagne, à la Medauschule à Coburg, qui devient lieu d’inspiration. Cette école de gymnastique moderne d’avant-garde, appelée par certains « Schule des Lebens » propose dans ces années 60 un programme de mouvements d’une diversité et richesse insoupçonnée. Aussi bien la détente, la respiration, le plaisir du mouvement, la souplesse, le travail organique et de prise de conscience, le sens du bien-être, la rythmique, la création individuelle ou de groupe et même les réalisations artistiques s’y conjuguent. Plusieurs sources sont à la base de ce large éventail de programme que le couple Medau eu soin de mettre en place. L’influence du Dokter Volkmar Glaser (qui écrira plus tard son livre « Eutonie »*,   la « Organ Gymnastik » de Frau Holler von der Trenk et la pédagogie de Dore Jacobs, auteur du livre « Die Menschliche Bewegung»**, y ont contribué.

1969 …une rencontre décisive…

Gerda Alexander

Rien d’étonnant que mon premier contact avec Gerda Alexander et l’eutonie sera décisif. Cette rencontre a lieu à Pâques 1969. Gerda est invitée à Leuven, au Sportkot, actuellement FaBeR (Faculté pour le mouvement et la revalidation) pour y présenter sa méthode. Dès la première demi-heure du travail au sol je suis convaincue. J’irai suivre son cours d’été à Fisherhude, qui confirmera ma conviction. Et la même année, le “groupe international”  est institué en décembre afin d’y recevoir une formation approfondie en eutonie de Gerda elle-même.  +/- 35 intéressés de plusieurs nationalités en font partie, dont Jenny Windels, ma cousine, qui est institutrice et psychomotricienne, 8 autres belges et moi-même. (lire: grandir entre berceaux et cercueils…)
J’ai 33 ans. Deux ans plus tard, un choix décisif s’impose. Bien qu’aimant à fond mon métier et mes élèves, je décide de lâcher le Parnas, qui était pour moi ‘une place au soleil’. J’apprends le danois.
Je pars compléter la formation en eutonie à Copenhague avec 4 autres belges. J’ai la chance d’obtenir une bourse d’étude danoise, deux ans consécutivement. En automne 1972 Gerda est invitée à présenter sa méthode dans plusieurs pays dont la Hollande, la Belgique, la France et la Suisse. Nous accompagnons Gerda dans cette tournée pour y présenter nos études de mouvement. Plus tard dans l’année, lors d’une séance individuelle Gerda me dira à l’oreille et je garde ses mots dans mon coeur: Thérèse, j’espère qu’un jour tu commenceras une école en Belgique »
En mai 1973 je suis diplômée comme eutoniste professionnelle G. A. (lire plus dans le livre « Gerda Alexander Impulse und Eindrücke, Impulsions et Impressions.Ed. Helene Roitinger. » 23 eutonistes y racontent leur expérience durant leur formation à Copenhagen.)

Mes premiers cours d’eutonieet la forêt noire

J’aurai 37 ans. Cette même année mon premier cours d’été donnera le coup d’envoi au développement de l’eutonie en Flandre. Cependant, comme je suis demandée à la Musik -Akademie de Basel en Suisse pour y remplacer une eutoniste, je pars habiter en Forêt-Noire sur invitation de Fr. Hannelore Scharing. Nous nous étions côtoyés régulièrement au sein du groupe international. Son approche de l’eutonie comme ‘Atemtherapeute’  étant fortement différente de celle de Gerda, elle devient pour moi une nouvelle source d’inspiration et un nouveau pilier dans ma quête d’approfondissement de l’eutonie. Sa méthode s’appelle actuellement « Rhythmus – Atem – Bewegung » RAB

Une autre rencontre décisive … et l’eutonie se développe en Flandre

D’année en année, mes cours d’eutonie avec 20 à 30 participants, se succèdent au Pays Bas, en Allemagne et en Flandre. Entretemps j’ai le bonheur de rencontrer Walter Van Gorp, en août 1975, à 39 ans. Nous nous marions en novembre et il me rejoindra plus tard en forêt noire.

Tandis que Jenny  développe son travail avec les enfants qu’elle décrira dans son livre ‘ Les enfants et l’eutonie ‘, les cours d’eutonie pour adultes se déploient et se structurent de plus en plus grâce également au soutient de mon mari. Et il me faudra lâcher le travail d’eutonie avec les musiciens à Bâle.

En mai 1979, un centre socio-culturel flamand subsidié me propose un full-time comme eutoniste et j’assurerai ce statut durant 24 ans. En juin de la même année je serai en enceinte. Dès lors le retour en Flandre s’impose. En mars 1980 nous aurons le bonheur de vivre la naissance de notre fils Benedikt. J’aurai 44 ans.

En route vers une école d’eutonie… 1989

Le jury Rosa Spekman et Jenny Windels

Après plus de dix ans de cours et à la demande de 24 intéressés un programme d’approfondissement intensif de l’eutonie est mis sur pieds en 1984. Deux ans plus tard, 8 d’entre eux insisteront pour recevoir une   ‘ vraie’ formation’ en eutonie. Celle-ci, orientée sur la pédagogie et considérée comme expérimentale, se clôturera fin 1989. En avril 1989 l’ asbl ‘ Vlaamse Eutonie School’ (VES)  c.a. ‘école d’eutonie flamande, verra le jour et permettra la remise des premiers diplômes en janvier 1990, sous l’œil bienveillant de Rosa Spekman et de Jenny Windels comme jury.
Les années suivantes j’aurai l’opportunité de pouvoir suivre d’autres formations tant pédagogique que thérapeutique comme la psychogénèse et les Chaînes musculaires ICTGDS* qui nous donneront de nouveaux outils pour affiner et solidifier cette formation en eutonie. En plus, le Dr. Lieven Ostyn nous rejoindra pour les neuro-sciences et nous fera goûter l’art du tir à l’arc.

D’autres formations successives, dont celle du Dr. Jean Lerminiaux, nous permettront, mon mari et moi, d’ éclairer la fonction tonico-émotionnelle, de soutenir la remise en question continuelle et d’approfondir ce que l’eutonie, à chaque fois, provoque.

Ainsi, l’école d’eutonie flamande, Vlaamse Eutonie School, assure une formation de 4 ans orientée sur la pédagogie de l’eutonie. Celle-ci trouve ses sources dans l’eutonie G.A., dans l’approche de Fr. Hannelore Scharing et dans ce que la Medau-Schule a laissé comme traces dans mon travail. Les chaînes musculaires GDS assurent également la compréhension et la cohérence du travail et renforce la spécificité de l’école.
En plus, a chacun des cycles une équipe pédagogique réactualise et consolide les contenus de cette formation pédagogique.
Ainsi, l’école d’eutonie flamande (VES) avec sa formation de 4 ans en ‘Pédagogie de l’eutonie’, se profile de façon un peu différente des écoles d’eutonie G.A. (lire spécificité)

Le 9ième cycle s’est achevé fin septembre 2020 et nous permet d’accueilir 7 nouveaux diplômés parmis nous.

Ces 30 années auront donc permis de former près de cent eutonistes flamands, néerlandais et allemands. (liste disponible sur demande). Nous déplorons le décès de 5 d’entre-elles dont nous gardons un précieux souvenir.

Entretemps L’Association: V v E Vereniging voor Eutonie a vu le jour et regroupe des eutonistes néerlandophones et des sympathisants www.eutonie.info

Deux rencontres personnelles, seront pour nous très significatives : l’une avec Annick de Souzenelle vu son livre inépuisable pour nous: ‘Le symbolisme du corps humain’, l’autre avec Bernard Besret auteur de: ‘Du bon usage de la vie’ et ‘à la hauteur  des nuages’.

Nous aurons également l’occasion de travailler avec une équipe d’enseignants d’une humanité sportive flamande, qui optera résolument pour un parcours davantage orienté sur la prise de conscience et le bien-être que sur la prestation et cela sur base e.a. de l’eutonie.

Et nous sommes également très reconnaissant que les danseurs Patrick Dupont (Contre-danse) et Leïla Da Rocha, animateur de laWhite Eagle Dance Academy’ à Bordeaux  apprécient l’apport de l’eutonie dans leur recherche concernant la danse et la formation de jeunes talents internationaux.

D’autres sources de réflexions  seront:  Antonio. R. Damasio – Joel de Rosnay – Alain Bertoz – Peter Levine – J. M. Delassus– Prof. Dr. E. Blechschmidt – O. Sacks – etc…

La Sainte Hildegarde de Bingen et ses écrits auront également un impact capital dans notre vie de couple et dans l’approche de l’eutonie.

Et pour l’avenir, quel sera le développement futur dans cette période de post-pandémie :

Riche d’une longue expérience dans la pédagogie de l’eutonie aux adultes, il nous faut prévoir et soutenir la relève à la “Vlaamse Eutonie School” pour les années qui viennent.

Petit mot personnel de remerciements

Un regard en arrière porté sur tous les endroits où que j’ai pu organisé mes cours d’eutonie ces derniers 10 ans m’ammène à un énorme mouvement de gratitude vis à vis de ceux et celles qui ont mis leur domaine à notre disposition à : Ressons Le Long (Fr), Zoersel et Burcht (Vl).

J’aurai donc eu le bonheur d’avoir été inspirée et soutenue par des rencontres inoubliables et d’avoir pu travailler avec des personnes motivées durant toute ma recherche et mon parcours et j’en suis particulièrement reconnaissante.

Therese Windels, octobre 2020

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